On pense souvent que nos ancêtres appartiennent au passé et que leur absence physique est la preuve qu’ils sont absents de nos vies. Cette manière de penser est particulièrement forte lorsque nos ancêtres sont morts depuis de nombreuses années ou avant notre naissance. Cette supposition est une croyance de notre part, ce n’est pas une réalité énergétique.
La réalité énergétique est que nos ancêtres sont présents dans tous les aspects de notre vie. Ils sont présents dans notre code génétique, dans notre sang, dans les traits physiques de notre corps, dans notre structure émotionnelle, dans les situations qui se répètent dans notre structure familiale. Ils sont présents tant dans les talents, les capacités que dans les difficultés que nous avons hérités, ils sont présents dans les professions que nous choisissons, et même dans les lieux où nous décidons de vivre.
Les traumatismes que vécurent nos ancêtres, les désirs qu’ils ne purent satisfaire, les promesses qu’ils firent et les schémas émotionnels qu’ils développèrent sont hérités par tous les membres de la famille, car ce sont des cycles non terminés qui cherchent un aboutissement.
Le chemin du développement personnel ne suit pas la route de Lao-tseu ou celle du Bouddha, elle suit le chemin tracé par nos ancêtres lors de leur passage dans ce monde, avec leurs bons et leurs moins bons choix.
Guérir la lignée ancestrale est une étape très importante dans le travail avec les émotions et dans celui de libérer les obstacles. L’hexagramme 18 du I Ching désigne cette étape comme « le travail sur ce qui s’est détérioré ». Une croyance puissante que nous dépassons est celle qui prétend qu’on ne peut pas influencer ou changer le passé.
Chi Nei Tsang : massage des organes internes
L’abdomen est le carrefour où l'énergie céleste qui descend vers la terre croise l'énergie terrestre qui monte vers le ciel. Des blocages dans l’abdomen affectent l'organisme tout entier.
L’abdomen est une zone où la majorité des organes vitaux peuvent être palpés par un massage profond. Le Chi Nei Tsang nous permet de travailler les organes et les émotions très simplement. C'est une méthode qui utilise également les six sons curatifs et qui complète les niveaux précédents.
Le Chi Nei Tsang peut être pratiqué en automassage ou pour les autres. L'évolution personnelle ne se fait pas dans l’isolement, en portant toute son attention sur soi. Le I Ching conseille d’adopter le point de vue de mère nature, c’est-à-dire de générer des bénéfices pour tous les êtres de la création. Quand nous pratiquons pour nous-mêmes uniquement, la nature fournit l'énergie nécessaire à une seule personne. Si, au contraire, notre but est de générer des bienfaits pour tous les êtres, nous recevrons la quantité d’énergie nécessaire pour atteindre cet objectif. Le Chi Nei Tsang permet de faire un premier pas pour élargir notre cercle d’influence et devenir, selon les termes du I Ching, des « assistants du ciel».
Curieusement, lorsque nous agissant avec une perspective altruiste, générant des bienfaits pour les autres, nous sommes les premiers à en profiter et à ressentir de la joie et du bien-être.
Mains de lumière : activer le pouvoir guérissant des mains
Notre capacité à recevoir est proportionnelle à notre capacité à donner. Dans le massage Chi Nei Tsang, les mains sont notre principal instrument physique. Les mains sont le point de transmission par lequel l'énergie qui circule à travers la structure entre en contact avec les autres.
La séquence de la Paume de Bouddha consiste en une série de mouvements réalisés avec les bras, en coordination avec la structure, afin d’augmenter le flux énergétique à travers des mains. Comme pratique individuelle, quelques-uns de ces mouvements permettent de nettoyer et renforcer les différents points énergétiques de l'orbite microcosmique et quelques-unes des positions des bras et des doigts étirent les méridiens tendineux musculaires qui sont connectés avec les orteils et la terre.
La séquence de la Paume de Bouddha nous permet de transmettre de l’énergie créative à un être humain, un animal ou bien une plante. Elle peut être combinée avec la respiration des os, l'orbite microcosmique, les six sons curatifs, embrasser l'arbre, harmoniser les cinq éléments et avec l'attitude altruiste recommandée par le I Ching.
Mantras I : mantras de base
L’ensemble du travail énergétique peut se résumer en un seul mot : vibration. La manifestation au niveau physique ou subtil commence avec une idée qui s’exprime par un son racine et une vibration créative.
Toutes les techniques apprises jusqu’à présent nécessitent d'être entreprises par l'ego. L'activité provenant de l'ego est polarisée, génère une séparation. Plus l'activité de l'ego est grande, plus le degré de séparation et les déséquilibres émotionnels sont grands. L'harmonie quant à elle provient d’un équilibre du yin et du yang, qui permet à l'énergie créative de se manifester.
La pratique des mantras, c’est-à-dire la répétition de sons racines, a la vertu de réduire les activités provenant de l'ego, de taire immédiatement le dialogue mental, d'unifier le système énergétique en un ensemble de vibrations créatives, de mettre fin aux états négatifs de l'esprit, de donner un rythme à la respiration, de stabiliser la conscience, d'apaiser rapidement un système nerveux stressé et de connecter le système énergétique avec une fréquence vibratoire élevée. Tout ceci s'obtient avec un minimum d'efforts, parce que les mantras sont les sons de la création elle-même. En effet, ce ne sont pas des sons du langage ordinaire et encore moins des oraisons qui renforceraient la dualité entre le moi et un principe divin à l’extérieur du soi.
Les sons racines sont des sons universels qui constituent les vibrations de processus spécifiques. Ces sons racines furent découverts dans le passé le plus lointain par des pratiquants qui développèrent des niveaux de conscience très élevés.
Il existe des sons racines pour attirer, pour repousser, pour surmonter les obstacles, pour unifier, pour guérir, pour générer l'énergie de compassion, etc. La liste est aussi longue que la création elle-même, parce que chaque être vivant, chaque processus énergétique a une configuration de vibrations spécifique.
La vibration est aussi un lien entre les dimensions. Toute énergie est vibration. Quand un individu atteint les limites de la dimension physique, les mantras font office de ponts entre les dimensions permettant ainsi, comme le dit le I Ching, de «traverser les grandes eaux».
La pratique des mantras introduit un facteur très important dans le travail énergétique : le rythme numérique. Le I Ching appelle les rythmes les « assistants » parce qu'ils sont capables de prendre en charge les processus énergétiques et de les mener à bien sans l'intervention de l'ego. Quand un rythme est activé, nous n’avons plus besoin de faire quoi que ce soit, de nous fatiguer, parce que l'énergie créative circule avec un minimum d'effort.
Parmi toutes les pratiques énergétiques, celle des mantras est la plus flexible dans son utilisation, parce qu’elle peut être réalisée, de façon interne ou externe, dans n'importe quelle situation et dans n'importe quel état émotionnel, faisant taire immédiatement le dialogue mental et remédiant immédiatement à la distraction.
Mantras II : mantras de guérison
L'esprit est l’espace en arrière plan dans lequel tout s'expérimente. Dès notre naissance, l'esprit est constamment en train de générer des pensées, des émotions, des opinions, des attachements et des répulsions, créant les conditions pour le bonheur ou la souffrance. Ce processus est ininterrompu et se poursuit même lorsque nous dormons.
Le mot mantra est défini comme « instrument pour structurer l'esprit ». Les mantras sont capables de générer un équilibre là où les pensées et les émotions sont chaotiques. Comme une goutte d'eau qui tombe sans arrêt sur une pierre dure, les mantras dissolvent par la répétition les idées les plus résistantes, les pensées obsessives ou les émotions négatives. Mais surtout, les mantras peuvent engendrer une expérience consciente de la nature lumineuse de l'esprit originel.
Dans ce niveau, nous utilisons les mantras pour guérir l'esprit et les émotions et pour clarifier la direction à donner à notre vie grâce au réveil de la fonction du guide intérieur. Nous apprenons les mantras qui activent le principe universel de guérison, qui accélèrent l'effet des thérapies et qui libèrent les charges karmiques qui pourraient déboucher sur des maladies ou même la mort. Nous explorons aussi les causes de la maladie en faisant référence aux textes classiques des médecines chinoise, indienne et tibétaine, ceci afin d’éviter la confusion entre les symptômes et les causes de la maladie.
Mantras III : mantras du principe féminin
La guérison est une fonction du principe divin féminin, avec sa sollicitude et sa tendresse. Que le changement soit possible et qu’à travers les changements nous soyons capables de corriger des erreurs et d'évoluer démontre que la création est, comme l'affirment les textes védiques d'Inde, une création qui « pardonne constamment ». La croyance que l'univers châtie et que les pouvoirs divins sont implacables dans leur administration de la justice provient d’un manque de connaissance de la nature intrinsèque de la création. L'univers dans lequel nous vivons est féminin et ses qualités essentielles sont l'amour, le pardon, des opportunités sans limites et la transformation.
Le principe féminin ne s'exprime pas seulement à travers les femmes ; il se manifeste chaque fois que nous activons la capacité de prendre soin, de protéger, de nourrir, de guérir, la tendresse que nous avons tous. Le principe féminin se manifeste aussi quand nous cherchons à simplifier la vie. Comme le disent les ancêtres taoïstes : « Le yang opère à travers le facile et le yin à travers le simple ».
Le principe féminin est un aspect vibratoire de notre nature la plus intime que les anciens sages furent capables de percevoir sous la forme de mantras. Les mantras du principe divin féminin renforcent notre capacité à prendre soin et à nourrir. Grâce à la pratique de ces mantras, nous nous harmonisons avec la mère nature et nous nous transformons.
Le Feng Shui et l'intégrité de notre environnement
Le concept clé du I Ching pour un travail énergétique efficace est de se trouver au bon moment à la bonne place, tourné vers la bonne direction, avec les bons sentiments, en bonne compagnie et faisant les bonnes choses.
D'un point de vue énergétique, il existe un seul endroit où tout peut être réalisé, et c'est le centre. Le centre n'est pas un espace physique, mais un endroit énergétique dans l'anatomie subtile des êtres vivants où les énergies du ciel et de la terre interagissent comme une seule énergie. Dans le corps humain, cet endroit est le canal central ou « chaudron ».
Nos foyers et l’espace qui les entoure sont le chaudron physique dans lequel les énergies yin et yang interagissent grâce au pouvoir de notre intention et de notre persévérance ainsi que par la qualité de nos actions. Le foyer, en tant qu’organisme vivant, a aussi un système de méridiens, équivalent à celui du corps humain.
L’objectif de ce travail interne de Feng Shui est de générer des conditions favorables pour optimiser notre potentiel, et ce en établissant une série de méridiens et schémas énergétiques dans l’endroit dans lequel nous vivons et dans l’espace environnant. D’un point de vue énergétique, il est naïf de croire que les miroirs, les clochettes et les aquariums avec des poissons d’une certaine couleur sont capables d’optimiser notre potentiel humain. Selon ce point de vue, placer les bons objets aux bons endroits serait la clé de notre évolution et de notre bien-être, indépendamment de notre état émotionnel et de notre manière d’agir.
Ce niveau de Feng Shui ne se limite pas à générer des bénéfices personnels, car nous ne sommes pas séparés de l’environnement dans lequel nous vivons. Par le travail énergétique ainsi qu’une intention ferme et une bonne relation avec l’énergie créative, il est possible de guérir la terre là où elle a été blessée par des actions égoïstes. Dans ce processus de guérison de la terre, nous suivons le conseil donné par le I Ching de laisser les lieux par lesquels nous passons en meilleur état que nous les avons rencontrés.
L'art sacré
Ce que nous expérimentons avec l’énergie créative et son impact dans nos vies peut être exprimé au moyen de la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, la poésie, l’écriture, les contes, la danse, la cuisine, ou toute autre activité pour laquelle nous sommes doués. L’essence de l’art sacré est de transmettre à ceux qui se trouvent sur le chemin du développement personnel les expériences résultant de notre pratique. Communiquer nos expériences sur le chemin menant à une conscience supérieure, c’est une autre manière de générer des bienfaits, par le biais de l’enseignement cette fois. Souvent, tout ce qui reste d’une grande civilisation du passé se limite à quelques murs de temples et quelques sculptures, témoignages de l’art sacré de cette civilisation. Nous pouvons vérifier dans les musées d’art antique que la plus grande partie des vestiges d’anciennes cultures provient de l’art sacré.
A travers l’art sacré, nous transmettons l’essence de notre pratique énergétique directement à l’inconscient d’autrui. C’est une manière directe de communiquer, sans avoir à donner beaucoup d’explications. L’art sacré est un moyen d’inciter les autres à développer leur excellence et à exprimer l’énergie créative. Quand l’énergie de l’esprit est forte et claire, tout ce qui se dit ou ce qui se fait est une forme d’art sacrée.
Guider des petits groupes dans les pratiques de base
Le I Ching recommande qu’une fois arrivés au premier tiers sur le chemin de notre développement personnel, nous commencions à enseigner les pratiques de base. L’objectif n’est pas seulement de générer des bienfaits pour autrui, mais aussi d’élargir notre champ d’activité et notre vision au-delà de nous-mêmes.
Présenter à d’autres les pratiques nous oblige à distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas. Les questions posées par les élèves nous amènent à étudier des problèmes ou des situations que nous n’avons peut-être pas rencontrés nous-mêmes.
Les changements positifs qui se produisent pour les personnes à qui nous enseignons augmentent notre confiance dans notre pratique et renforcent le pouvoir de la lignée de pratiques à laquelle nous appartenons.
Les pratiquants qui n’enseignent jamais courent le risque de s’isoler et, vulnérables, de finir par douter d’eux-mêmes et de ce qu’ils font. Dans le pire des cas, notamment lorsque leur engagement n’est pas profond, ils se mettent à « grappiller par-ci ou par-là » pour trouver quelque chose de mieux ou de différent.