Menu principal

  • Accueil
  • I Ching Dao
  • Juan Li
  • Articles
    • Entretiens avec Juan Li
    • A propos des pratiques
    • Thèmes
  • Calendrier des cours
  • Enseignants autorisés
  • Liens
  • Rechercher
  • Contact
  • Vídeos

Pratiques

  • Niveau I - Les bases
  • Niveau II - Développement
  • Niveau III - Générer des bienfaits
  • Niveau IV - Développer le potentiel
  • Niveau V - Transcendance

Idioma/Language

Español (spanish formal Internacional)English (United Kingdom)French (Fr)

CopyLeft

El contenido de esta web pueden copiarse libremente, bajo las condiciones expresadas en la presente licencia.

Licencia Creative Commons
Este obra está bajo una licencia Creative Commons Atribución-NoComercial-SinDerivadas 3.0 Unported

.

Home Articles Entretiens avec Juan Li Corps mental et corps émotionnel
Corps mental et corps émotionnel PDF Imprimer E-mail
Entretien avec Juan Li, par Pere Muñoz Avellaneda


Quel est l’individu qui ne s’est jamais posé la question, à un moment ou l’autre après un certain temps de pratique, s’il fait bien les choses, s’il avance réellement ? Comme dans toutes pratiques énergétiques, il est important que la visualisation soit accompagnée de sensation dans le corps, sinon l’exercice reste au plan mental. Cela peut sembler évident quand on commence, mais c’est en fait un des écueils majeurs lorsqu’on approfondit la pratique.

Dans le I Ching Dao, l’individu apprend dès le début à sentir ce qui se passe dans son corps, à en prendre conscience. Il apprend à ressentir un bien-être avec le sourire intérieur, à prendre conscience peu à peu, grâce aux sons curatifs, des différents organes et des émotions associées à chacun d’eux, et à entrer en contact avec l’énergie, la force vitale, grâce à l’orbite microcosmique.

Quand Juan me suggéra un entretien sur les corps subtils, il m’expliqua qu’il insistait souvent auprès de ses élèves sur l’importance que la pratique n’en reste pas au niveau mental, mais que ce soit une pratique véritablement énergétique, qui puisse être perçue par les autres personnes. Il me proposait donc de différencier et clarifier dans cet article les concepts de « corps mental » et « corps émotionnel ».

Commençons par le début. Les différents corps de l’être humain se forment et se structurent dans l’ordre suivant : corps physique, puis corps énergétique, puis corps émotionnel, et ensuite corps mental. Dans cet entretien, nous nous limiterons à clarifier les concepts de corps émotionnel et corps mental.

Le corps émotionnel est lié à la capacité de sentir et à la relation à l'autre. Quand le corps émotionnel n’est pas encore structuré, la personne utilise ses émotions pour communiquer, comme par exemple le bébé qui pleure ou crie quand il veut manger. Quand le corps émotionnel se structure, généralement entre six et huit ans, l’enfant commence à exprimer ses besoins non plus par l’expression de ses émotions, comme les pleurs ou la colère, mais avec la parole. Il gère de mieux en mieux ses émotions.

Si l’enfant perçoit des choses très douloureuses pour lui (par exemple quand les parents se disputent constamment), il peut décider de ne plus sentir, car sentir dans ces conditions devient trop douloureux pour lui. Par cette décision, il freine le bon développement de son corps émotionnel. Or, sentir est nécessaire à l’harmonie et à l’équilibre de tout être humain, et ce n’est souvent qu’à l’âge adulte que la personne se rend compte de son blocage à ce niveau. Si l’enfant avait déjà développé son corps mental, il aurait eu la capacité de se rendre compte que c’était le problème de ses parents et que, comme ils étaient adultes, ils trouveraient une solution. Mais le corps mental ne se développe qu'à la puberté (sauf dans le cas des enfants qui doivent subvenir à leurs besoins très tôt). Cela explique pourquoi de nombreux psychologues pensent que les traumatismes se créent pendant les sept premières années de la vie (que se créent les traumatismes), parce que dans cette période la personne n’a pas les moyens de gérer ses émotions.

Lorsque le corps émotionnel ne se structure pas suffisamment, quelle qu’en soit la cause, la personne conserve des réactions enfantines toute sa vie, avec une susceptibilité et une sensibilité exagérées, passant d’une humeur joyeuse à une grosse colère, juste à cause d’une phrase ou d’un geste.

Et qu’en est-il du corps mental ?

Le corps mental est lié à la capacité de penser. Au fur et à mesure que le corps mental se structure, l’adolescent parvient à s’expliquer les choses, par exemple pourquoi un tel s’est comporté d’une certaine façon; il peut analyser une situation.

On observe une différence dans le processus de structuration du corps mental selon les cultures. Dans les régions les plus reculées de l’hémisphère nord, les êtres humains doivent planifier bien à l'avance pour survivre pendant la période où il n’est pas possible d’obtenir des récoltes et où il faut compter avec très peu d’heures de luminosité. Par nécessité, les habitants de ces régions développent un corps émotionnel fort. Mais plus au sud, où le climat est chaud toute l’année et permet d’obtenir plusieurs récoltes par années, comme en Espagne par exemple, il n’est pas indispensable de planifier. Les personnes vivant dans les régions les plus au nord et les plus au sud du globe terrestre ont donc tendance à être plus mentales.

Mais que se passe-t-il quand un individu développe un corps mental trop puissant ?

Et bien le corps émotionnel se trouve blindé, opprimé par le corps mental. Celui-ci bloque l’expression des émotions et le libre flux de l’énergie. Un exemple évident est celui des soldats qui, en cas de guerre, commettent des actes atroces, sans hésitation. Quand on leur demande, après coup, comment ils ont pu commettre de tels actes, ils répondent, invariablement, qu’ils ont « suivi les ordres ». Leur mental a donc totalement bloqué l’émotionnel, sinon il est certain qu’ils auraient remis en question de tels ordres.

Toute personne qui sollicite et renforce ses capacités intellectuelles dans sa profession, qui conçoit d’abord les choses dans son esprit, comme un scientifique ou un architecte, aura tendance à utiliser son mental dans les pratiques taoïstes. Par exemple dans le cas de la pratique de l’harmonisation des éléments, quand on cherche à travailler les émotions négatives avec les organes, il arrive que ces personnes portent leur attention non pas sur l’organe physique, mais sur l’idée elle-même de l’organe. Il se peut donc que la personne reste, dans sa pratique, au niveau de l’imagination. Il est donc très important que tout pratiquant dont la profession requiert un grand effort intellectuel, la responsabilité de planifier et d'organiser à long terme, porte une très grande attention au ressenti. On tombe vite dans le piège de penser que tout va bien, que les émotions sont équilibrées, alors que le calme apparent est dû non pas à une bonne gestion des émotions, mais à une répression de ces dernières. C’est un phénomène subtil, la ligne qui sépare l’imagination du sentir est bien fine.

Et concrètement comment faire pour porter son attention sur le ressenti ?

Le pratiquant peut commencer par porter son attention sur la différence de température avant et après un exercice. Il peut aussi essayer de sentir, avant de faire un appel téléphonique à un ami proche, comment est son état d’esprit, s’il est joyeux ou triste. Après le téléphone, il se rendra compte si son sentiment était correct ou non. Dans tous ces exercices, son mental fort va être d’une grande aide, dans le sens où il lui sera facile d'exercer son attention de façon concentrée. Quelques semaines sont suffisantes pour sentir et retrouver le contact avec le corps émotionnel.

Pourquoi attacher tant d’importance aux émotions ?

Dans le travail alchimique interne, il est indispensable de pouvoir travailler avec les émotions de qualité supérieure car elles en sont le combustible.

Le combustible ?

Oui, après avoir recyclé et transformé les émotions par la pratique, on obtient des émotions de qualité supérieure, comme la compassion, le point de vue altruiste, qui sont le moteur du processus alchimique. Le mental est utile, bien sûr, car il permet de projeter l’intention et de pratiquer avec discipline, mais si la personne travaille uniquement avec son mental, sa générosité, par exemple, viendra de « l’idée » qu’il faut partager l’abondance, et non pas d’un élan du cœur. Et elle restera limitée dans sa pratique, elle ne pourra pas l’approfondir.

En bref, dans toutes les pratiques, l’objectif est de travailler avec l’émotionnel et le mental, sans prédominance de l’un sur l’autre.

Quels sont les indices qui permettent au pratiquant de se situer ?

Par exemple le niveau de vitalité. Celui-ci augmente avec la pratique et se régularise, avec une élimination des hauts et bas drastiques. Les événements qui se produisent dans notre vie sont aussi un indice. En effet, ce qui nous arrive est le reflet de ce que nous sommes. Le pratiquant peut donc se demander si quelque chose dans sa vie a changé, en positif, par rapport au temps où il ne pratiquait pas encore. D’autres indices sont l’état de santé, la qualité du sommeil et du réveil, et aussi comment la personne gère les émotions négatives. Par exemple, si l’individu reçoit une critique injuste au travail et parvient à faire en sorte que cette critique ne l’affecte pas, c’est qu’il dispose d’une réserve de vitalité qui lui permet de traiter les urgences et les conflits avec calme.

Comment expliques-tu que de nos jours de nombreuses personnes, et même de grands maîtres, se soient blindés au niveau des émotions ?

Dans la culture moderne, une grande importance est donnée au mental. L’utilisation de l’ordinateur et du téléphone renforce encore cette tendance. Parler au téléphone avec quelqu’un, cela demande d’imaginer la personne, qui n’est pas présente physiquement. Et plus la technologie se développe, plus elle devient complexe dans son utilisation, plus le mental se renforce.

Aussi, dans la culture moderne, en particulier dans la culture occidentale, on traite d’immature la personne qui laisse s'exprimer ses émotions. Ne dit-on pas souvent encore qu’ « un homme ne pleure pas » ?

Cela me fait penser à la société japonaise.

Oui, la société japonaise a toujours été une société très structurée, avec de nombreuses règles, une société très hiérarchisée, requérant une obéissance absolue. Chaque personne a une place et un rôle à tenir scrupuleusement. Tout cela est très mental.

Et bien sûr, il est malvenu de montrer ses émotions en public.

Oui, et cela explique certainement le taux élevé de suicides. En effet, une personne dont le mental est très fort et le corps émotionnel peu développé peut rapidement arriver à la conclusion, toute mentale, que cela ne vaut pas la peine de vivre.

La société moderne ne donne pas de place à l’expression des émotions. Elles sont d’ailleurs même un peu taboues. Il faut travailler, coûte que coûte; il faut être efficace, rapide. C’est le modèle anglo-saxon, qui lui-même s’inspire du protestantisme : chacun doit travailler et progresse en travaillant. Et la discipline de devoir suivre un horaire de travail strict renforce encore le mental.

Avec l’évolution de la société moderne, il y a de grandes chances que le pratiquant se retrouve de plus en plus déconnecté de ses émotions. Commencer une pratique, quel que soit le système, permet d’aller à la rencontre de ses émotions, de les faire remonter à la surface, parce qu’on redonne de l’importance à l’émotionnel, parce que le système favorise la recherche et le travail sur les émotions.

De fait, dans les traditions anciennes, la première chose à faire est d’harmoniser les émotions, n’est-ce pas ?

Oui, c’est la première étape. De la même manière que l’émotionnel se développe avant le mental lorsque l’individu grandit, de la même manière, dans la pratique, on va s’occuper des émotions en premier. C’est un peu comme passer par une seconde naissance. Dans le système du I Ching Dao, c’est la pratique d’harmoniser les émotions, avec ses différents niveaux, qui permet ce travail.

Le processus de développement requiert un certain niveau de vitalité, et qui va augmentant avec les pratiques de type supérieur. Or, l’énergie est souvent bloquée par les émotions négatives, comme par exemple lorsqu’on est fâché avec quelqu’un et qu’on n’arrive pas à sortir de ce cycle de colère, qui peut durer plusieurs années après l’incident qui a déclenché la colère !

L’individu qui harmonise ses émotions, qui développe des émotions positives, augmente le niveau vibratoire de son système énergétique. Et quand il adopte une attitude altruiste, quand son intention vient du cœur, il se produit un véritable saut dans son niveau vibratoire.

La pratique avec les émotions est destinée aux adultes uniquement. Comme un enfant n’a pas encore structuré son corps mental, il ne peut rester longtemps concentré sur quelque chose, il n’a donc pas les moyens de méditer.

Et un adolescent ?

L’adolescent structure petit à petit son corps mental. Comme il n’a pas encore beaucoup d’expérience du monde, il doit d’abord essayer différentes choses pour voir ce qui lui plaît. Ce processus dure entre cinq et six ans, en fonction de la culture. Quand l’adolescent devient adulte, son choix se restreint. En revanche, il acquiert la capacité d’approfondir.

Mais pour en revenir à la société moderne, cette dernière ne favorise pas ce travail d’approfondissement …

Il est vrai que la société moderne, où tout change et devient obsolète très vite, où les stimulations, visuelles par exemple, sont si nombreuses, ne favorise pas ce processus. L’individu moderne vit dans une culture de la superficialité ; ses sens, de par la stimulation constante qu’ils reçoivent, deviennent saturés.

Et comme nous l’avons vu plus haut, la plupart des personnes ne consacrent pas suffisamment de temps à travailler les émotions, à libérer les blocages émotionnels. Elles doivent terminer un projet et n’ont pas le temps, ou bien elles arrivent épuisées à la maison et n’ont pas la force d’entreprendre quoi que ce soit, mais surtout elles ne donnent pas d’importance au travail des émotions.

A cela s’ajoute que le cerveau, qui travaille avec le mental, est un grand consommateur d’oxygène et d’énergie et peut être un tyran pour le corps quand il travaille en excès. Il acidifie le sang, rendant par là l’organisme raide et tendu, et empêchant la fluidité et l’expression des émotions.

Bref, avec les années, le corps émotionnel se rebelle et des maladies, une fatigue chronique, peuvent survenir. C’est une sonnette d’alarme, un signe pour la personne qu’elle doit changer quelque chose, qu’elle ne peut pas continuer ainsi.

J’avais un élève dans cette situation dans un de mes cours, une personne qui souffrait de fatigue chronique. Après avoir travaillé la position d’embrasser l’arbre un certain temps, la personne réussit à récupérer de la vitalité et par là à modifier quelque chose dans sa vie, parce que sa vision des choses, des priorités avait changé.

Tu as déjà parlé au début de l’importance du ressenti par rapport à la visualisation. Peux-tu préciser ta pensée?

La visualisation est utile, elle permet d’avoir de la clarté sur le chemin à suivre. Mais elle n’est pas suffisante. Avec le temps, j’ai observé que les personnes qui utilisaient seulement la visualisation ou des affirmations telles que « je suis heureux » ou bien « j’ai un poids idéal », sans toucher le niveau des émotions, n’atteignaient pas leurs objectifs. En effet, il est possible qu’à un niveau émotionnel le message soit «je ne m’aime pas » ou bien « j’ai besoin de poids pour m’affirmer », et que le conflit à l’intérieur de l’individu conduise l’utilisation de ces techniques à l’échec.

Il est donc nécessaire de pratiquer avec l’énergie du cœur une émotion pure, et de la combiner avec la visualisation. L’intention qui vient du cœur change l’énergie, elle attire la qualité de ce qu’elle irradie. De cette manière, la pratique n’est donc pas neutre ou mentale, et on évite qu’une émotion négative sous-jacente pirate le processus.

Répétons toutefois qu’avoir un mental bien structuré n’est pas un défaut, au contraire. Si l’orientation que l’individu lui donne est de développer la capacité à sentir, si l’intention est claire, alors l’individu pourra développer cette capacité très rapidement. J’en ai d’ailleurs fait l’expérience en donnant un cours à des cadres d’entreprise en Allemagne. Je m’attendais à un échec, à ce que les personnes aient besoin de beaucoup de temps pour apprendre à sentir. Or, toutes les personnes sans exception avaient ressenti les effets du sourire intérieur, des six sons curatifs et même de l’orbite microcosmique, ce qui est assez exceptionnel dans un cours de débutants. En y réfléchissant bien, j’ai compris que c’était dû au fait que ces personnes avaient toutes un pouvoir d’intention très fort, étaient très rapides d’esprit et quand elles décidaient d’entreprendre quelque chose, elles le faisaient à cent pour cent.

L’équilibre est donc la clef de tout : l’équilibre entre le mental qui a la capacité de visualiser et de concentrer l’attention, et l’émotionnel qui sent et fait office de noble combustible. C’est grâce à cet équilibre que l’individu peut approfondir sa pratique et s’assurer qu’il suit le bon chemin.
 
Copyright © 2012 I Ching Dao - Tous droits réservés.

Animé par Joomla!. Valid XHTML and CSS. Template designed by Lavinia